Domestiquer les animaux sauvages, une menace pour la faune

Ingi Amr Samedi 21 Septembre 2019-16:01:04 Environnement
Domestiquer les animaux sauvages
Domestiquer les animaux sauvages

De son corps long et froid, il a bousculé un pot de fleur qui s'est fracassé sur sa tête. Son maître a alors dû le livrer aux autorités. Après cinq mois de soins, ce boa a retrouvé la liberté dans la jungle colombienne.

Cette histoire se répète des milliers de fois dans le deuxième pays le plus bio-divers de la planète, après le Brésil. La tendance à capturer des animaux sauvages pour les domestiquer submerge les autorités chargées de la protection de l'environnement.

"Ces animaux sont pour la plupart pris (...) dans des propriétés à la campagne ou des lieux touristiques où les gens passent leurs congés", a précisé à l'AFP Juan Camilo Galvis, chef de la protection écologique et de l'environnement de la police du département d'Antioquia (nord-ouest).

Le désir de se les approprier est dû à de multiples facteurs, estiment experts et autorités.

"Il y a un héritage très marqué des narco-trafiquants comme celui de posséder un zoo chez soi", explique SebastianBenavides, du Réseau de la faune sauvage de l'aire métropolitaine du Valle de Aburra, qui comprend Medellin et neuf municipalités d'Antioquia.

Ainsi Pablo Escobar, chef du cartel de Medellin tué par la police en 1993, avait installé un zoo dans l'une de ses propriétés, allant jusqu'à importer des hippopotames.

S'y ajoute "le manque d'éducation" de ceux qui ne se rendent pas compte de l'impact sur la nature d'éloigner leurs nouveaux "animaux de compagnie" ou les vendent, selon M. Benavides.

Avec un marché d'une valeur annuelle de 10.000 à 26.000 millions de dollars, le trafic illégal d'espèces est le troisième négoce illicite le plus rentable du monde, après la drogue et la traite d'êtres humains, selon l'ONU.

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